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publié le 31 Mar 2026 par Déborah BUTEAU
L’acte pédagogique et didactique doit renouveler sans cesse des ressources documentées.
LE RNR a pour objectif d’inciter les enseignants du bac STD2A au DSAA grade master à s’appuyer sur des ressources iconographiques puisées dans l’actualité la plus récente.
Plusieurs clefs pédagogiques sont suggérées aux enseignants dans ce corpus rassemblé autour de l’espace, du graphisme, de l’objet.
Travailler sur un terrain de prédilection, terrain connu, lieu d’explorations professionnelles ou pédagogiques antérieures. Il faut connaître les œuvres clés, les auteurs, les courants, les enjeux théoriques, les fondements et l’histoire jusque dans ses développements contemporains, mais également être capable d’en « sortir » et de démontrer que l’on peut rattacher ses pensées à des problématiques plus larges, montrer qu’il est possible d’anticiper et de réinvestir son propos ailleurs.
Interroger la nature même des documents est une nécessité. Tous les éléments écrits en annexe (titre, légendes, dates, matériaux, etc.) sont des éléments indispensables de l’enquête. Ils doivent être lus attentivement. Il importe de questionner la nature matérielle des documents, les processus de construction et de fabrication des œuvres proposées, les contextes d’édition et de diffusion, les usages, etc. Par exemple, une photographie peut être une image documentaire, la mémoire d’un événement ou d’une performance, un objet éditorial, une œuvre. La plupart des documents proposés ne sont d’ailleurs pas au format des œuvres elles-mêmes. Ils doivent être avant tout considérés comme des témoignages ou des cadrages de pièces originales. Notons que la taille d’une représentation est toujours déterminante et induit un mode particulier d’appréhension. La place du spectateur dans le dispositif visuel, architectural et scénique et les conditions initiales de réception de l’œuvre est questionnée. De même, une reproduction d’affiche et sa nécessaire réduction ne devraient pas abuser l’enseignant. Enfin certains documents ne sont pas à proprement parler des reproductions, mais de simples constats, témoignages, mises en évidences de faits ou d’actions. Il convient alors de savoir interpréter son contenu, contextualiser à partir du document, plutôt que de tenter d’analyser formellement.
L’analyse se doit de reposer sur une analyse croisée et plurielle des documents. C’est précisément la confrontation qui fait sens et invite à formuler des problématiques.
Jamais univoque, fermée ou dogmatique, l’analyse permet de développer tous les outils intellectuels liés à la fréquentation des œuvres, à la connaissance de l’histoire du champ spécifique, mais aussi de l’histoire des arts et des idées, de l’histoire événementielle. Ajoutons que l’analyse des œuvres n’est pas un champ clos, et qu’elle s’enrichit toujours de l’ambition critique et interprétative développée par les sciences humaines, la philosophie, la psychanalyse.
Les œuvres n’apparaissent pas ex-nihilo, mais doivent être mises en relation avec l’ensemble des productions et des idées du temps, en termes de continuité, de rupture, d’opposition, etc. Même lorsque les œuvres se prétendent autoréférentielles, elles n’existent pas en dehors d’un contexte ; elles sont à divers titres symptomatiques, paradigmatiques, contestataires, manifestes, témoignages idéologiques de leurs auteurs et de leur temps.